EMETTEUR - RECEPTEUR
Est-ce que l'auteur est le même que le metteur en scène ? C'est rare. Ca existe mais c'est rare. Très souvent c'est quelqu'un d'autre. Il y a l'auteur : les mémés, tontons, et autres ; il y a les metteur en scène. L'émetteur implique donc un récepteur. Chaque enfant, chacun d'entre nous devenant récepteur de ces émetteurs.
QU'EST-CE QU'UN THERAPEUTE ?
Il se joue à travers nous une pièce de théâtre. Et l'autre est dans une autre pièce de théâtre. Qu'est-ce qu'un thérapeute ? Et là, pour moi, tout devient très simple. Qui est l'autre ? C'est mémé ; ou bien c'est pépé ; ou bien c'est mon instituteur qui m'a enquiquiné ou au contraire qui m'a sur valorisé. Que suis-je, cet acteur sur cette pièce ; ce morceau de théâtre ? Pour le thérapeute il est facile de comprendre que dans le temps de la thérapie, de la relation thérapeutique, le thérapeute ne joue plus aucun rôle. Le thérapeute ne fait pas du théâtre, n'est pas acteur, ni metteur scène, ni auteur. Le thérapeute n'est plus l'acteur de sa propre vie pendant le temps de sa consultation. Je parle du thérapeute qui va faciliter le changement, l'évolution, la guérison.
CHACUN EXPRIME SON DRAME
Il m'est apparu la chose suivante. Lorsque Ruy Blas rencontre Cosette, ils ne s'entendent pas, ils ne se voient pas, ils ne se rencontrent pas. Chacun exprime son drame. Imaginez Hamlet qui rencontre le Petit Chaperon Rouge : l'un a peur du loup et l'autre est avec son fantôme. Ils ne se rencontrent pas. Cela veut dire que souvent, lorsque deux personnes communiquent leur histoire, lorsque deux personnes tentent d'aboutir leur histoire, d'éliminer leurs souffrances- puisqu'il s'agit de cela sur Terre, il s'agit de fermer tous ses dossiers souffrants, en souffrance comme l'on dit. Toutes ces vieilles histoires, ces vieilles blessures familiales, transgénérationnelles ; puisqu'il ne s'agit que de ça.
L'INCONSCIENT ESSAIE DE SE DIRE TOUT EN RESTANT CACHE
Lorsque je tente de me dire – et d'ailleurs je ne fais que ça, car l'inconscient est dans cette urgence permanente de se dire tout en restant caché, l'autre faisant de même, il ne peut pas y avoir de conclusion, d'aboutissement, de guérison ; puisque la pièce de théâtre va perdurer.
ON NE DONNE PAS LE CONSEIL A L'AUTRE ; ON LE DONNE A SOI
Jusqu'au moment où je suis face à un homme, une femme qui n'a pas d'histoire en souffrance ; qui est blanc, qui est vierge ; qui n'est pas acteur et qui ne me projette pas dessus, un projet, un problème, un aboutissement. Ce ne sont pas deux acteurs qui veulent s'emparer de l'autre, utiliser l'autre. C'est un acteur face à un écran blanc. Comme un spectateur. Un écran blanc, un disque vierge, une surface limpide. Ainsi, l'autre peut simplement aller…… à la fin de la pièce de théâtre, il termine ; il est entendu, accueilli sans qu'il n'y ait jamais de conseils de la part de l'autre. Le conseil, on ne le donne jamais à l'autre. On le donne à soi si on vivait la même chose.
THERAPEUTE = TRANS PARENT
Ainsi, l'art de la biothérapie devient très imple. Il devient facile d'être ce thérapeute silencieux ; car il y a besoin de silence pour que tous les sons soient entendus. Il y a besoin de vide, pour que toutes les lumières puissent exister. Il y a besoin de cette virginité, de cette limpidité. Le thérapeute devient ainsi transparent. Trans-parent. Ainsi, les parents passent au travers du trans-parent : les parents, l'histoire familiale, les autres. Ils passent au travers de lui, comme un vitrail, cristallin ; limpide, clair. Libre de désir, de projet. Sans attente.
TRANS-PARENCE = UNE FORME DE TRANSE
C'est ce que vous allez pouvoir continuer à mettre en place car vous savez le faire ; pas forcément au bon moment, toujours. On peut le faire quand on regarde un paysage ; quand on regarde la télévision, ou que l'on écoute de la musique. On sait faire cela, cette forme de transe. Souvent, dans la consultation, on va être hyper actif. C'est une façon de traiter nos angoisses, nos peurs ; ou satisfaire nos egos. Là, il va falloir utiliser ce que vous savez faire depuis un moment, hors thérapie ; cette transparence de la thérapie, et l'amener dans l'espace de la thérapie.
RESSOURCES ET DEMANDES
Il faut amener ce moment-là. Je pense que nous avons toutes les capacités du monde, toutes les compétences du monde. Si quelqu'un vient parce qu'il est timide face à un groupe, il est évident qu'il a confiance en lui lorsqu'il est tout seul, tranquille. Il a cette compétence-là. C'est une histoire de contexte. Suis-je dépendant de ce qui se passe à l'extérieur ; de ma relecture du monde extérieur à chaque instant ? Est-ce que j'ai accès en permanence à mes ressources ? Quand j'ai des ressources ici, j'ai une demande là. Dans le désert, j'ai très soif mais j'ai laissé l'eau sur la table de la cuisine. Ma ressource est quelque part et la soif est ailleurs. Quand les deux se rencontrent ……. Satisfaction ……PAS SEULEMENT PRENDRE CONSCIENCE MAIS ABOUTIR
Ce n'est pas le fait de prendre conscience, c'est le fait d'aboutir. Les gens sont souvent conscients du début de l'histoire : tel drame familial, tel drame personnel ; mais le temps s'est arrêté au cours de l'histoire et la personne est restée figée à l'âge de 3 ans ou autre. Il est fascinant d'observer – vous avez cette expérience en tant que thérapeute – une personne en face de vous qui sur sa carte d'identité, dans son corps a 40 ans, et qui a vécu un drame il y a 2 ans ou il y a 10 ans et ça s'est arrêté là. Ce que je propose c'est simplement une habitude de thérapeute qui permet à la personne d'aller au bout. Mais si le patient raconte quelque chose et que moi je continue à renvoyer la balle eh bien, il continue à raconter ce morceau-là. Le thérapeute va simplement donner la permission au sujet d'aller plus loin dans le déroulement de l'histoire.
ETAPE 1) PERMETTRE A L'INFORMATION DE S'EPANOUIR
Une fois que vous êtes cet écran blanc, ce lieu limpide, l'autre, premièrement, va au bout de son histoire. En fait, il se passe beaucoup de choses. Qu'est-ce qui permet l'évolution. Il ne s'agit pas de commuer ou de court-circuiter une information ; il faut simplement lui permettre de s'épanouir.
1°) : l'émotionnel
Cela permet un travail purement émotionnel et non pas intellectuel ou analytique. C'est purement émotionnel. Je crois vraiment à cette vertu-là. Simplement de pleurer, de dire sans analyser. Je crois vraiment à cette vertu. Pour autant que l'on aille vraiment au bout, sinon les gens peuvent tout contrôler. Le premier travail, est un travail avec le patient sur l'émotionnel.
2°) : la croyance.
Les gens sont purement dans l'émotionnel et quand ils sont dans l'émotionnel, cela leur permet de comprendre certaines choses.
D'autres sont purement dans l'intellectuel. C'est une bonne stratégie, car cela leur permet de ne pas ressentir certaines choses.
L'intérêt c'est d'être dans « l'intellisent ».
Donc, travail sur l'émotionnel, travail sur la croyance. Je vous ai expliqué que le conflit c'est de l'émotion et de la croyance.
ETAPE 2) LE « OUI » = UNE RECONNAISSANCE
Une fois que cela est fait - Jodorowski propose et je trouve cela tout à fait pertinent – il faut conclure ce travail-là par un « oui », par un « merci ». Je pense que le « oui » est une guérison. Je pense que cette reconnaissance est indispensable. Même quand il y a eu un problème relationnel grave – que ce soit une agression, ou un conflit de séparation. Il s'agit toujours de finir avec cette reconnaissance, le remerciement qui permet à cette fève d'aller de génération en génération, jusqu'à nous. Terminer cette décharge émotionnelle, comme la peur, la colère, la tristesse, ou d'autres agressions, frustrations ………
ETAPE 3) RENCONTRE AVEC L'AGRESSEUR
Eventuellement, rencontre avec l'agresseur ; celui qui était à la source du problème relationnel
Cette rencontre avec l'autre ne doit jamais se faire, à mon avis, avant l'étape n°1. Il y a différents thérapeutes, formateurs qui proposent d'aller voir symboliquement, telle personne et de lui rendre sa violence, etc. Il me semble, ainsi qu'à certains autres thérapeutes avec qui je travaille, que quand on a pas fait cette 1ère étape : le travail émotionnel ; la 2ème étape : le remerciement.
En commençant par la 3ème étape : on va créer quelque chose, on va créer une nouvelle histoire conflictuelle, on recrée un événement. Alors que si vous avez nettoyé l'émotionnel, et si vous avez fait la prise de conscience, vous êtes dans « l'intellisent ». A ce moment-là, l'autre va grandir. Il va pouvoir se passer quelque chose de positif. Ou l'autre ne trouve rien de spécial et ça ne sera pas un nouvel événement.
ETAPE 4 : LA REPONSE DE L'UNIVERS.
De l'ordre du magique, que nous connaissons aussi à certaines occasions de notre vie. C'est ce qu'on appelle la réponse de l'univers. Quand la personne a terminé ces trois étapes-là, il y a des clins d'œil de la vie, des rencontres, des coups de fil, des choses. J'ai eu un patient qui avait été frappé par son père. Il posait tous ces actes-là. A la fin, il a eu un coup de fil plein d'amour de la part de son père qui lui parlait. Cette étape, c'est la réponse en quelque sorte, sans qu'elle soit provoquée directement
LA « GOMME ET L'ENCRIER »
On retrouve sur cette notion de « Gomme et Encrier », sur laquelle je continue à travailler avec beaucoup de bonheur :
GOMME
Soit je suis aGressé, le G de la Gomme.
ENCRIER
Soit je suis sé par é, le E d'Encrier
Chaque fois que l'on met du +, c'est pour combler le...
Chaque fois que l'on met du – c'est pour s'éloigner du...
Il y a deux situations de référence sur Terre :
- 1°) de prendre, de s'emparer de ce qui est perçu comme positif : la nourriture, l'oxygène, les informations en stage.
- 2°) de mettre de la distance avec ce qui est interprété comme négatif.
C'est au niveau matériel. Au niveau spirituel, on veut prendre certaines choses : prendre Dieu, s'éloigner du diable, par exemple. On veut prendre du positif et s'éloigner du négatif. Il y a deux problèmes : je suis séparé du positif, je suis en contact avec le négatif.
De là, il va y avoir deux réactions :
a) : si je suis en contact avec le négatif : je me rétracte ; je me gomme.
b) : si je suis séparé du positif, je remplis : je collectionne, etc.
PILE OU FACE
Dans « la Gomme », je m'efface.
Et si je veux sortir de là, si je veux guérir de ça, il faut faire face.
Soit je m'efface, soit je fais face.
Dans « l'En crier », j'empile,
j'ajoute ou je prends la place.
Car la vie c'est pile ou face
Tu te défiles, ou tu fais face
Tu empiles, ou tu enlaces
Tu remplis, ou tu remplaces
Tu te lisses, ou tu te lasses
C'est facile, ou ça glace
C'est filasse, ou ça glisse
La vie,
Soit tu prends la pile, tu perds la face.
Soit tu quittes ton île, tu deviens un as.
Ceux qui sont dans la « Gomme » sont plutôt dans le « guéri » guai-rit : on va s'occuper de l'autre, on va guérir l'autre.
Ceux qui sont dans « l'Encrier » sont des gens qui guerroient. Guai-roi
Dans les archétypes Jungiens, il y a celui qui est le « soignant », et celui qui est le « guerrier ». Celui qui a été agressé va soigner les misères du monde. Tout est agression, tout est blessure, donc il guérit.
Celui qui est dans « l'Encrier » guerroie. Celui qui n'est ni dans l'un, ni dans l'autre rit, il est roi.
SEPARE - AGRESSE
CELUI QUI EST SEPARE
Pour aller, pas au bout, mais un peu plus loin, celui qui est séparé de qui est-il séparé ? Celui qui est dans « l'Encrier ». Au fond il est séparé de son essence, de son être, de lui. Il n'est pas en contact avec lui. Celui qui est séparé, n'est pas en contact avec lui. C'est pour cela qu'il est séparé de l'autre. Quelqu'un qui est en contact avec lui-même, même si la personne s'en va, ça n'a pas d'importance. Mais je ne suis pas en contact avec moi. Je suis le frère de Machin, je suis le fils de Machin, je suis l'ami de Machin. Si Machin s'en va, il n'y a plus rien. Là, la séparation est mal vécue parce que je ne suis pas en contact avec moi.
CELUI QUI EST AGRESSE
Celui qui est agressé, par qui est-il agressé ? Il se juge comme agressant. Il est dans la culpabilité, par exemple. Il se juge comme méchant. Celui qui est agressé ou qui se laisse agresser, qui est la victime, qu'est-ce qui fait qu'il se laisse agresser ? Au nom de quoi il ne casse pas la gueule à l'autre ou il ne porte pas plainte. C'est parce qu'il se juge comme méchant. Même si c'est un petit enfant qui subit un inceste, un viol, des gifles ou autre chose. Il se juge comme coupable, comme méchant, fautif. Il ne se défend pas, sinon il va en prendre plus. Et on va se moquer de lui.
Je pense que dans cette famille de thalamus quelque part, de jugement négatif à son propos, il y a beaucoup de maladies.
Traduction anglaise (english version) - ![]()