Bonsoir à chacune d’entre vous !
Bonsoir à chacun d’entre vous !
BIENVENUE
Je ne sais pas pourquoi vous êtes venus d’ailleurs ! Qu’est-ce qui fait que vous avez décidé que nous passions cette belle soirée ensemble ? Quelle est la curiosité, quelle est même la profondeur de votre curiosité pour être présent ici ?
J’ignore pour le moment quel est votre désir, vos envies, qu’est-ce qui était le moteur de votre venue ici ?
Qu’est-ce qui fait que vous êtes là en face de moi, par quelle magie, et en tous les cas il est question de ça. Il est question d’une partie de nous, que nous appellerons le désir, l’envie, les besoins, et qui nous pousse à aller vers tel endroit, aller à telle soirée, aller vers telle personne, à acheter tel livre, ou à rester seul, ou à regarder tel programme à la télévision. Il y a comme une envie, un désir, un besoin, ou les deux, et mon souhait, mon envie pour ma part est vraiment de vous offrir le meilleur de mon expérience, le meilleur de ce que chaque patiente, et chaque patient, accepte de m’offrir, de me confier à ce moment précis qu’est la consultation en thérapie, et c’est cette récolte là, comme un grand bouquet de fleurs que j’ai envie de vous offrir, et pour cela laissez moi vous raconter une histoire.
HISTOIRE
Il y a bien longtemps, pas très loin d’ici d’ailleurs, il y avait un très beau village, qui existe encore et qui est tout autant magnifique, et qui continuera d’exister aussi longtemps qu’existera l’homme.
Dans ce village, il y a des histoires comme dans tous les villages. Il y a de belles histoires, il y a des drames, il y a des joies, et puis, il y a des gens originaux, vous savez dans tous les lieux il y a des gens un peu typiques, un peu particuliers, et dans ce village un des hommes typiques, car il y en a plusieurs vous allez l’entendre, hé bien, c’est un luthier ! On l’appelle le fils d’Eric, son père lui-même était luthier, c’était un artiste, aussi son grand-père, son arrière-grand-père, et ainsi sur de multiples générations.
Le fils d’Eric n’est pas un luthier comme les autres luthiers, le fils d’Eric construit des instruments de musique sur mesure. Ca veut dire quoi ? Hé bien, cet homme habite dans une maison qui est en bordure du village, en bordure également de la colline, près d’une falaise d’argile, et chacune, chacun peut à tout moment aller voir cet homme, et immanquablement, chaque fois le fils d’Eric écoute les drames, les peines, les joies, pendant quelques minutes, parfois pendant quelques heures, plus s’il le faut ! Jusqu’à ce qu’il se passe quelque chose à l’intérieur de lui, comme, une évidence, et à cet instant il renvoie la personne chez elle.
La personne vient avec ses blessures et ses souffrances, avec sa tristesse, avec ses frustrations, et le fils d’Eric l’accueille, la reçoit, et puis lorsque quelque chose est passé à l’intérieur de lui, quelque chose de puissant, d’irrésistible, il renvoie la personne et lui donne rendez-vous pour dans une semaine, pour dans trois mois pour les cas les plus difficiles, ou dans trois jours, et lorsque la personne revient, ce luthier a construit un instrument de musique, sur mesure, adapté spécifiquement, spécialement à cette personne là.
Ca veut dire que la personne se trouve face à une espèce de chaise avec des cordes au milieu, ou de vastes tambours faits de bouteilles de bière, ou d’autres choses tout à fait surprenantes et incongrues.
Et la personne reçoit cet instrument qui est en harmonie avec elle, avec lui.
La personne rentre chez elle, et en jouant de cet instrument, cet instrument joue, et se joue de ses tourments; et quelque chose se passe, profondément, sans que l’on comprenne, sans que l’on ait envie de comprendre, ou besoin de comprendre, quelque chose se transforme, se guérit, et ainsi au village et même d’autres villages, les gens depuis longtemps depuis des générations viennent ici, et partent avec leur petit instrument ; voire une batterie, un violon, un piano, et d’autres choses qui ressemblent à plein d’instruments qui n’existent pas.
Cette histoire est insolite, déjà ! Là où elle devient tout à fait intéressante pour nous et nous permet de notre objectif de ce soir et nos attentes, c’est qu’un jour arrive un jeune homme, noir, ce jeune homme a apparemment tout ! Comme chacune et chacun d’entre nous, n’est-ce pas ? Tout pour vivre, pour respirer, pour voir, pour entendre, pour jouir, et pourtant il a un vide à l’intérieur, un poids sur les épaules, enfin, quelque chose qui ne va vraiment pas.
Alors le fils d’Eric l’écoute longuement cette journée là, lui donne rendez-vous.
Trois mois plus tard le jeune homme se présente, différent. Déjà on l’a entendu, on l’a écouté, on ne l’a pas jugé, on l’a accueilli. Déjà, cela a mis du mouvement, de la vie à l’intérieur ; simplement quelqu’un qui est là, que pour lui, comme quelqu’un qui serait là que pour toi ! Sans te juger, sans t’évaluer, juste là ! Et lorsque ce jeune homme revient trois mois plus tard, rendez-vous pris, hé bien, il ne sait pas à quoi il s’attend.
Le fils d’Eric a beaucoup laissé venir son inspiration, jusqu’à laisser apparaître entre ses mains, un curieux instrument, fait avec des drôles de tiges de métal, qui percutent un objet en caoutchouc plus ou moins rond, et puis il y a des tubes, à moitié peints, qui sont là et qui résonnent sous le martèlement de ces petites tiges de métal. Drôle d’instrument de musique ! Qui pourtant vibre et parle à ce jeune homme, dès qu’il le voit, dès qu’il l’entend, hé bien, il y a quelque chose qui se passe en lui, d’inattendu pour le fils d’Eric, le fils d’Eric a mis le ton et le demi-ton dans cet instrument. Il a mis aussi le temps de le préparer, mais la chose à laquelle il ne s’attend pas c’est le cri de ce jeune homme qui dit :
- Mais c’est ma bicyclette ! Je reconnais la couleur des tubes, je reconnais les rayons, c’est moi qui avais choisi cette teinte et qui l’avais peinte, il y a bien longtemps, et d’ailleurs cette bicyclette m’a donné bien de la souffrance, et j’étais bien heureux de m’en débarrasser. Mais qu’est-ce qu’elle fait là ?
Le fils d’Eric est revenu, il est face à quelqu’un qui a mis du sens, qui a compris. Car parfois on a besoin de comprendre et d’être intelligent, alors il est comme démasqué ce luthier, et lui dit :
- Je vais devoir te raconter mon secret.
Et, comme je souhaite partager avec vous, il partage avec ce jeune homme, il lui dit :
- Voilà, je vais tout te raconter, et après je te poserai une question.
- Car tu vois, de l’autre côté de cette colline d’argile et de glaise, il y a ce que dans votre ignorance vous appelez la « décharge publique », le tri sélectif, et d’autres choses. Depuis des générations vous jetez tout le superflu, tout l’inutile, toutes vos souffrances, tout ce qui vous gène, tout ce qui vous dérange, et toutes ces choses là acceptent et se laissent transformer par l’astre du jour comme de la nuit, par les quatre vents, par le soleil qui vient cuire cela et qui vient le métamorphoser ; et en bas de la décharge, eh bien, cela glisse jusqu’à arriver dans un creux, dans un aven, dans un souterrain, dans une rivière, et cette rivière rince, lave tout cela, qui comme dans une alchimie est transformé, sous cette montagne, et arrive là-bas derrière ma maison, comme une offrande, comme un cadeau, comme une ressource, comme un médicament, comme une aide. Et, tu vois, ce vélo dont tu viens de me parler, qui t’a fait souffrir, qui t’a créé bien du désagrément, du malheur, hé bien il n’a pas fini de parler, il n’a pas terminé ce qu’il a pour toi, rien que pour toi.
Et c’est ça le grand secret de ce luthier. Il n’invente rien, il ne crée rien, il transforme ce qui est là chez l’autre, ce qui est négligé, ce qui est redouté. On ne veut plus entendre parler de son enfance, on ne veut plus entendre parler ou voir telle personne, et pourtant j’ai l’impression par mon luthier, et mon expérience privée, personnelle, eh bien que l’on ne grandit non pas en allant dans notre lumière, dans tout ce qui va bien, mais en acceptant d’aller dans notre pénombre, dans notre obscurité, c’est comme si c’était dans notre blessure, dans notre souffrance que se trouve l’origine de notre souffrance et plus que ça. Le remède est à l’intérieur du mal, il est comme caché, dissimulé, c’est bien étonnant !
Je vous l’ai dit, le fils d’Eric a une question, il lui dit :
- Mais maintenant je peux te poser cette question ?
L’autre est encore tout ébahi, tout stupéfait, et dit :
- Oui, oui, je t’écoute !
Et le luthier lui dit :
- Mais qu’est-ce qui fait que tu as jeté ? Parles moi de ça, qu’est-ce qui fait qu’un jour tu as décidé de jeter cela ?
Et l’autre lui dit :
- Eh bien, c’est Sigismund qui est venu à la maison.
- Ah bon ! Parle-moi de Sigismund.
- Ben oui ! Sigismund, c’est l’homme qui s’occupe des poubelles, c’est l’éboueur.
- Ah oui ! Qu’est-ce qu’il fait cet homme ?
- Et bien il va dans toutes les maisons, et il demande à chacun ce qu’il a de plus dégueulasse, de pourri, de plus abject, et il s’en occupe.
- Ah ! Tu parles de Sigmund ! Il a changé de prénom ! Avant jusqu’à l’âge de 22 ans il s’appelait Sigismund Freud, puis un jour à Malmesan, il a décidé de prendre le prénom d’un de ses maîtres qui s’appelait Sigmund.
C’est bien dommage parce que Sigismund, comme vous le savez ici en Alsace, « mund » veut dire « bouche » et « sigis » ça veut dire « vaincre », et donc cet Autrichien qui habitait à Vienne il y a quelque temps s’appelait « vaincre la bouche ».
Pour le père de la psychanalyse c’est intéressant, c’est autant étonnant de mourir d’un cancer de la bouche aussi, de nombreuses années plus tard et entre les deux d’avoir fait parler tant de gens, et puis de continuer à travers la psychanalyse de faire parler les gens ; pour quelqu’un qui s’appelle « vaincre la bouche ». Et qui a raccourci son prénom, « Sigis » est devenu « Sig » et il a gardé la bouche.
Et ainsi dans ce village, celui qui voulait donner la permission à chacune, à chacun, de pouvoir se libérer, se dire dans toutes ses blessures et ses souffrances, a un jour émis toute l’hypothèse, il a décrit comme une hypothèse, il a dit, attention ! Je ne l’ai pas vu, je ne l’ai pas mesuré, je ne l’ai pas entendu, je ne sais pas qu’elle est la couleur de l’inconscient, je ne sais pas si l’inconscient est sucré ou salé, je n’ai pas eu l’occasion de le sentir, donc c’est une hypothèse intéressante, qui va permettre de rendre compte de certaines choses. Et lui-même avec cette humilité quand il part d’hypothèse et non pas de certitude, hé bien il va proposer la lecture suivante, l’observation qui est que nous tous ici, ce qui nous meut, ce qui nous mobilise, ce qui nous fait vivre, fait se réveiller le matin, ce qui nous fait venir ici, ce qui nous fait faire tous les choix et chaque respiration, et chaque pensée, et bien, c’est la pulsion d’autoconservation.
Sigismund parle de cette puissance là, la pulsion de vie. C’est inscrit même dans le végétal, dans l’animal, dans le vivant. Cette énergie (Sigmund Freud va parler d’énergie), il y a dans chaque vivant une énergie mais incompressible qui est de vivre, de s’auto conserver et à chaque seconde, à chaque instant de vouloir être, car nous voulons manger, nous voulons respirer, nous voulons uriner, nous voulons nous reproduire, nous voulons être connus, être aimé, nous voulons un territoire, nous voulons un espace de sécurité, et chaque seconde, chaque minute, chaque jour, nous nous organisons par nos comportements, nos métiers, nos pensées, pour satisfaire notre besoin inconscient biologique, c’est ainsi ! Quoi que nous fassions cela est « organisé ».
NOUVELLE HISTOIRE
J’ai proposé Sigmund Freud, et suit un autre homme.
Cet autre homme dans ce village il pourrait être le maréchal-ferrant, qui a une espèce de grand marteau, qui a une forge, toutes sortes d’instruments, scalpels, fer de lance, et mille et une choses, et bien il a complété ce que disait l’éboueur, et ce que propose donc le docteur Hamer, c’est de dire que cette pulsion de vie (ou c’est plutôt moi qui le nomme de cette façon là) et bien, cette pulsion d’autoconservation, c’est simplement l’ensemble des besoins de chacune de nos cellules.
Nous sommes constitués d’un corps, ce corps est constitué d’organes, eux-mêmes constitués de cellules. Chacune de nos cellules, vous le comprenez, veut vivre, veut survivre, veut attraper l’oxygène, du sucre, des acides aminés pour éliminer l’urée, la créatinine, les déchets, toutes les parties de notre corps ainsi sont constituées pour aider le reste ou pour survivre. Ainsi cette pulsion de vie c’est l’ensemble de nos besoins, d’attraper l’oxygène, la nourriture, une femme ou un homme, un travail, de l’argent, des connaissances. Pour le cerveau, pour les neurones il va attraper l’information, la vessie il va attraper des repères, le cœur va attraper un territoire, les bronches veulent attraper un espace, etc., etc.…. Chaque cellule donc, va pouvoir satisfaire ce besoin biologique, car la vie est biologique par essence, elle devient psychologique par accident, mais elle est biologique dans son essence.
Et puis tout pourrait très bien se passer si comme les bonobos chaque moment, hé bien, nous avons pour les femelles des mâles à disposition, même des femelles puisqu’il y a de l’homosexualité chez ces singes. Donc il y a un partenaire sexuel, il y a de la nourriture, des données scientifiques, des protections, tout va bien ! Donc, si nous étions des bonobos qui vivions sur une île, hé bien, nous pourrions satisfaire à chaque instant, et d’instant en instant, nos besoins biologiques pour survivre.
Jusqu’au moment où arrive ce que Freud, décrit très brillamment, de manière sensée, qui est le surmoi.
Qu’est-ce qui se passe à un moment donné ? Très tôt dans notre enfance, Il y a l’interdit, il y a l’éducation, à l’école on lève le doigt, l’apprentissage des parents qui vont donner des règles, et ainsi dans notre réalité biologique, dans cette pulsion naturelle du nouveau-né qui chie devant tout le monde, il ne se pose pas de question sur ses bases d’exonéré, il ne se pose pas de question il est exonéré, n’est-ce pas ? Il urine, il vomit que ça soit sur le curé le jour du baptême ou à d’autres occasions, s’il veut vomir, il vomit, s’il veut péter, il pète, il n’y a pas de coloration, il n’a pas de culture. Chez les bonobos, les chats ou d’autres espèces, ils pètent aussi, il n’y a pas de sens négatif, c’est biologique ! Il y a de l’air qui est à un endroit, je veux qu’il soit à l’extérieur, j’évacue.
LA CULTURE
La culture familiale, la culture sociale, puis la culture personnelle, et bien va « infuser » à l’intérieur de nous, elle va donner des règles, des lois, pour l’organisation du groupe, on lève la main à la maternelle si on veut aller faire pipi, on ne vomit pas sur sa voisine, on ne tire pas les cheveux de sa sœur, on ne crève pas les yeux de son petit frère, donc il y a cette pulsion de violence qui existe chez l’animal, comme chez l’être humain. Mais tu as le droit de dire que tu le détestes, mais tu ne dois pas lui crever les yeux avec les ciseaux, puis après manger ses yeux avec des petits pois, ça ne se fait pas.
Donc, on va ainsi donner des codes qui vont « infuser », et cette culture là, elle rentre à l’intérieur de notre subconscient, de notre inconscient, vous voyez, comme quelque chose qui est extérieur, qui est en surface, qui est blanc et puis qui devient un peu intermédiaire et puis qui rentre dans la face obscure de notre intériorité.
A ce moment là, il n’y a plus de recul par rapport à ça. Il est évident que l’on met sa main devant sa bouche quand on tousse, on ne tousse pas sur sa voisine, etc., etc.…. On ne se pose pas la question, il n’y a plus de recul, de jugement critique, il y a comme cette évidence qui crève les yeux, du coup on ne voit plus rien et on est associé à cela.
On ne fait pas certains gestes, on ne montre pas certain doigt de la main, celui-là je peux ça ne choque personne, mais pas celui-là, juste on a appris ça, et pourquoi est-ce que celui-là j’ai le droit de le montrer ? Et un autre ça va créer de l’émotion ! Et bien cette culture a infusé à l’intérieur de nous. Et je dis que c’est bien, ni que c’est mal, pour le moment j’observe cela. En quoi c’est important cette notion d’introjection ? D’intégration de la culture, hé bien, ça va nous permettre de comprendre toutes les maladies, tous les symptômes, car lorsqu’il y a une pulsion précise et spécifique qui va être censurée, hé bien il va y avoir retour à l’expéditeur, à l’expéditrice, au sujet.
EXEMPLE :
Je pense à un homme qui a guéri très rapidement d’un problème de cystite, cet homme ça fait 25 ans qu’il se lève la nuit, il a un problème de vessie, de cystite, et il se lève toutes les nuits pour aller pisser et puis il se recouche, et depuis 25 ans très souvent la nuit il y a son voisin du dessus (il habite depuis 25 ans en H.L.M !) Qui se lève la nuit, qui met un morceau de musique et qui danse avec sa femme, et lui son ressenti à ce moment là, c’est comme s’il dansait, il pénétrait, il empiétait dans son espace, dans son territoire, et à ce moment là lui ce qu’il a envie de faire, son programme biologique de l’instant, c’est l’autre qui pénètre dans son territoire, j’ai l’impression qu’il danse sur mon lit, qu’il empiète, et le programme archaïque biologique qui est sollicité à ce moment là c’est la vessie, comme l’animal qui va pisser autour de son territoire pour dire là, à l’intérieur c’est chez moi, comme les hyènes, les chiens, les lionnes, etc.….
Donc, à cet instant ou l’homme pénètre à l’intérieur de lui, cet homme se sent sûr, il ne va pas aller chez le voisin, il ne va pas libérer cette pulsion, ce besoin de marquer les limites de son territoire, et il le perçoit avec sa vessie, à ce moment là il va démarrer une cystite jusqu’au moment où en consultation il revit cette émotion, il revit cet instant et le soir même il rentre chez lui et il se couche, le lendemain matin, il a dormi comme un bébé, il n’a pas pissé la nuit, ni le lendemain, ni pendant une semaine, ce qui fait qu’une semaine après tellement il était agacé d’avoir guéri (c’était trop simple) qu’il s’est couché en ayant bu 3 verres d’eau, quand même ce n’est pas possible, ça bascule tellement de croyances thérapeutiques, eh bien le lendemain matin il s’est réveillé avec une vessie pleine, il ne s’est pas levé de la nuit puisqu’il n’avait plus ce programme biologique qui est « j’ai besoin de marquer mon territoire ». Donc il avait une vessie pleine, il s’est traîné aux toilettes où il a tout éliminé.
Donc, il y a ce besoin, cette pulsion, comme cette femme qui aussi depuis 20 ans ou plus qui avait de la rhinite, elle avait des éternuements, le nez qui coulait, et pareil là, j’expliquerai un peu plus tard pourquoi les gens guérissent, hé bien, cette femme cela à disparu, et elle a évoqué un instant particulier, cela fait 25 ans qu’elle est mariée et son espace c’est la cuisine, elle adore ça, elle adore faire à manger à son mari qu’elle aime, sauf, que son mari rentre dans sa cuisine et il respire, et il dit :
- Mm, qu’est-ce que tu m’as préparé ma chérie ?
Et elle, c’est son mari elle l’aime, mais il est dans son espace, donc elle veut le chasser, il est chez lui aussi, mais elle n’ose pas le vexer, elle n’ose pas lui dire, donc elle refoule cette envie de le mettre à l’extérieur, comme un moucheron qui nous chatouille l’intérieur du nez, la muqueuse, qui nous agace, qui nous dérange, elle va donc me parler de son mari, comme cette petite peccadille, cette petite chose qui l’ennuie et qui l’agace et qu’elle veut mettre à l’extérieur. Mais elle a peur de le vexer, donc elle ne dit rien, elle refoule ça. Cette perception qu’elle a de son mari à ce moment là est nasale, c’est ce qu’elle va pouvoir exprimer puisqu’elle n’a pu l’exprimer ailleurs.
BESOIN BIOLOGIQUE
Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est que nous avons des organes qui ont chacun leur besoin biologique, comme le nez que l’on vient de voir éliminer ce qui le gêne, la vessie pouvoir marquer son territoire, et lorsque ce besoin n’est pas satisfait, il va être refoulé et comme le décrit Freud, il va pouvoir être muré dans un autre espace libre, dans une compensation, une dérivation, une sublimation, etc.…. Tout ce qu’il a décrit dans son œuvre. Donc si je ne peux pas sortir par la porte hé bien je sortirai par la fenêtre, si je ne peux pas sortir par la fenêtre ni par la porte je sortirai par la cheminée, et si je ne peux sortir ni par l’un ni par l’autre, je sortirai par la pensée, etc.. Donc j’ai comme une pression à l’intérieur de moi, puisque mon mari me dérange, mon voisin, et cette pression là, cette pulsion là, d’autoconservation qui est très spécifique et biologique, eh bien il faut qu’elle sorte, et elle va sortir en fonction de ce ressenti biologique, comment j’ai codé l’évènement.
CODAGE BIOLOGIQUE
Et là c’est un autre volet complètement passionnant et thérapeutique qui peut vraiment nous aider à nous comprendre nous même ou à comprendre l’autre et avancer. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que quoi qu’il se passe cela va être encodé biologiquement, ainsi ce voisin qui fait de la musique à l’étage, cet homme il a encodé avec sa vessie, il l’a vécu avec sa vessie, son ressenti a empiré, mais un autre homme aurait pu le vivre différemment, d’ailleurs sa femme n’a pas fait de problème de vessie, elle est devenue sourde (par rapport au son qui l’agressait).
Donc chacun ainsi va réagir avec une partie de son corps, de son être, de son ressenti biologique, même psychologique, tout d’abord de sa réalité physique. Quand on a une mauvaise nouvelle et bien les intestins peuvent se resserrer, les jambes peuvent trembler, le cœur peut s’accélérer, ou même une bonne nouvelle d’ailleurs ! Donc on va réagir biologiquement, ça veut dire que si vous faites un bras d’honneur à une lionne, pour elle ça n’a pas de sens, elle ne fera pas de conflit, elle ne peut pas le ressentir, de la même façon si vous montré une gazelle qui court à un enfant il ne va pas saliver comme le ferait une lionne, donc l’environnement nous allons le coder biologiquement, l’identifier biologiquement, lui donner un sens biologique. Chaque fois qu’un événement ; une voiture fonce sur vous, vous donnez un sens biologique, je suis en danger ou autre chose, ou bien on est en train de vous licencier, ou de vous insulter, vous donnez un sens biologique et donc vous allez le vivre avec un de vos organes, et cet organe là, ce besoin là, cette pulsion d’autoconservation cherche à sortir, cherche à s’exprimer, et là lorsqu’il y a un interdit, la société, l’éducation, eh bien cela non seulement va être refoulé, mais en plus va être associé.
Je pense à une jeune fille qui rentre de l’école, qui rentre un peu plus tôt à la maison, et puis elle ouvre la porte de la maison et au milieu du salon il y a son père, totalement nu avec une femme, donc il est en train de tromper son épouse et ils sont tous les deux dans des ébats très violents pour l’enfant, pour l’adolescente, à ce moment là elle doit se taire pour que le couple ne divorce pas, donc son père lui demande de ne rien dire, et elle dit :
- Mais non je n’ai rien vu, non, non ce n’est pas grave, c’est rien !
Et puis elle dissimule tout ça, d’ailleurs elle oublie et quand des années plus tard elle cherchera l’origine de sa maladie, elle a complètement oublié ce moment là jusqu’à cet instant. Je ne peux pas l’exprimer, hé bien je ne peux pas continuer à être agressé par ce souvenir, qui est comme une énergie, une pulsion que j’ai besoin d’exprimer, une violence qui est à l’intérieur de moi, mais comme je n’ai pas le droit, eh bien, il va y avoir refoulement, il va y avoir amnésie, anesthésie complète, puis expression dans un symptôme. Dans quel symptôme a-t-elle exprimé cela ? Son ressenti au moment ou elle réalise que son père trompe son épouse. Au moment ou elle réalise cela hé bien ce qu’elle ressent en elle, j’ai peur que papa et maman divorcent et s’ils divorcent eh bien se sera à cause de moi si je dénonce papa, et donc à cause du secret que je connais cela peut compromettre le mariage parce qu’il y a eu une sexualité hors mariage, et je ne veux pas qu’ils se séparent.
C’est son expérience, son vécu à cet instant, une autre enfant aurait pu ressentir autre chose ! Donc elle a besoin du contact de ses parents, le contact est assuré par la peau, par les muqueuses, il y a ce besoin biologique de contact de peau et puis elle assiste à cela, elle refoule d’une manière associée cet évènement, c’est à dire qu’elle va faire une pathologie de trois doigts, le doigt du secret, secret de famille, le petit doigt. Le doigt du couple, de l’alliance et le doigt de la sexualité, le majeur. Elle va faire de l’eczéma qui correspond à la séparation, conflit avec une séparation, donc elle va faire un eczéma à l’âge de 48 ans, l’âge qu’avait son père au moment où sa fille le surprend. Quand elle arrive à 48 ans elle remet en route sa biologie, connecte cette histoire là, elle démarre un eczéma pendant plusieurs années, et à l’instant, le jour où elle retrouve cet événement, la cohérence de cet événement, l’émotion de cet événement, le ressenti, le vécu biologique de cet événement. Alors qu’à un certain niveau tout ça c’est terminé, c’est dépassé, ses parents sont peut être morts ou divorcés ou autre chose, dans tous les cas ça n’a plus la même valeur que lors de l’adolescence ou l’enfance. Mais cette partie là s’est comme cloisonnée dans son inconscient, est devenue comme autonome, hé bien peu importe, cette partie là s’est arrêtée de grandir et lorsqu’elle va retrouver cet événement donc elle va guérir en quelques jours.
Alors nous sommes ainsi soumis à des informations, des choses, des imprévus, des inattendus et c’est normal ça fait partie de la vie, c’est bien, c’est banal, c’est ainsi qu’on a des chocs à chaque seconde manquer d’oxygène, donc hop ! On attrape un petit peu plus d’oxygène pour respirer, ou plusieurs fois par jour être en hypoglycémie OK, on va aller manger, etc.… on a des chocs biologiques des fois plus forts que ça avec différents drames autour de la vie, des licenciements, des divorces, des insultes. Une femme c’était son voisin qui avait empoisonné ses fleurs, après il a empoisonné ses animaux, après il a essayé de l’empoisonner, bon c’est un peu violent, mais on a des histoires comme ça.
Et on a ces informations qui vont ici être codées biologiquement, pour que l’on puisse mettre un sens à ça, de l’existence à ça. Si je vous parle d’azote, de phosphore ou de potasse ça ne vibrera pas forcément très fort chez vous, si je m’adresse à un géranium peut -être qu’il va se mettre à pleurer si je lui dis qu’il n’aura plus de potasse donc c’est ce qui a du sens pour moi, dans ma réalité biologique, et je vais coder la chose, cette chose va stimuler tel organe, faire surgir un besoin, et je vais chercher ainsi à exprimer ça, à satisfaire cela, à trouver du travail, à sortir de ce conflit je ne veux pas que mes parents divorcent.
Je pense à une enfant dont les parents divorçaient justement, et les parents hyper sympas, vraiment cool, lui disent :
- Ecoute, nous on t’aime, on veut vraiment ton bonheur,
le père lui dit :
– Il faut vraiment que tu te sentes à l’aise, si tu veux aller avec ta mère, tu vas avec ta mère, mais bon je comprendrais très bien que tu la préfères et que tu ne m’aimes pas, mais je veux dire qu’il n’y a pas de souci.
Et puis la mère dit :
– Bon moi aussi je veux que tu sois vraiment à l’aise, et puis si tu veux aller avec ton père on se sera compris tous les deux, il n’y a pas de problème, tu vois ces cadeaux là…
Et elle, elle n’a pas le choix vous comprenez parce qu’elle aime ses deux parents et ses deux parents lui disent, voilà si tu vas chez ton père c’est que tu n’aimes pas ta mère, et si tu vas chez ta mère c’est que tu n’aimes pas ton père. Et cette enfant n’a pas le choix, en plus il faut bien qu’elle aille quelque part ! Vous voyez, et dans cette double contrainte, elle n’a pas d’issue. Si je vais là l’autre va être malheureux, et si je vais là l’autre va être malheureux. Donc elle va démarrer une sclérose en plaques, c’est les jambes à ce moment là, vous voyez, vous dites à vos jambes d’aller là et d’aller là en même temps, il y a une double contrainte motrice et neuromotrice à cet instant. Ce sens biologique qu’elle donne, neuromoteur, elle ne peut pas l’extérioriser et donc ça va être refoulé, attaché, relié, associé à des éléments culturels, comme les doigts dont j’ai parlé il y a un instant .
ELEMENTS CULTURELS
Ces éléments culturels, eh bien il y a le filtre de la culture sociale, j’ai parlé des doigts, liés à la sexualité dans notre culture, ou le mariage, mais il y a des pays où l’alliance ils ne la mettent pas là, ils la mettent ailleurs, donc s’il y a un problème dans le mariage, et bien ce sera un autre doigt ou une autre partie du corps qui fera un symptôme, et puis il y a l’histoire personnelle.
Je pense à cet homme qui avait fait une paralysie des doigts de la main, et lui, simplement pendant la guerre d’Algérie, on l’avait obligé à tuer des Algériens, et il ne voulait pas tuer des Algériens, mais il y était contraint sinon c’était lui qu’on allait tuer. Donc il a fait une paralysie. Il a tué un homme, il ne voulait pas tuer cet homme ! Donc une paralysie de ces trois doigts là. Ces doigts-là ne sont pas liés à son ego, au jugement ou à la sexualité, ce n’est pas une coloration culturelle européenne, mais ça va être lié à lui, à son vécu à lui.
C’est pour ça que chaque maladie à un côté à la fois universel et personnel, universel dans le sens où la peau est faite pour être touchée et pour toucher, les nerfs chez tout le monde sont faits pour transmettre l’information au muscle pour les motoneurones, et pour recevoir des sensations pour les nerfs sensitifs. Pour tout le monde, que l’on soit un chimpanzé, que l’on soit un Marseillais, un Alsacien, c’est comme ça ! Les yeux chez tout le monde sont faits pour voir et également pour être vu, puisque l’on se regarde dans les yeux. Donc à la fois dans toutes les maladies il y a quelque chose d’universel, et à la fois il y a quelque chose de complètement personnel, unique et spécifique, justement avec cette notion d’imprégnation, cette notion d’emprunt, cette notion d’infusion de la culture familiale.
Donc il y a cet événement, qui ainsi va être associé et qui va pouvoir s’exprimer, soit dans une maladie, qui peut également être exprimé à travers une profession, à travers des habitudes, à travers des maladies mentales aussi, à travers des goûts, des activités, des lapsus, à travers des rêves, à travers le langage aussi, qui vont être autant de lieux d’expression de cette réalité intérieure, de ce conflit intérieur.
C’est là où Freud va parler de lapsus ou d’actes manqués, que le décodage biologique va certainement associer à des organes, à des cellules.
Ce que je propose en bio décodage c’est d’entendre le mot qui est dit avec la bouche, le corps ou bien avec les gestes, hé bien c’est quel organe qui est en train de s’exprimer ?
Je pense à une patiente, qui arrive en consultation pour la première fois, il pleuvait ce jour là, et puis elle me dit :
- Le revêtement de l’autoroute vers Aix en Provence est meilleur que celui de l’autoroute de Marseille.
Je me dis, mais qu’est-ce qu’elle me raconte cette femme, qu’est-ce que j’en ai à faire du revêtement de l’autoroute ! en même temps elle me parle d’elle, elle me dit quelque chose de caché, et je lui dis surpris,
- Prenez place, que me vaut le plaisir de la rencontre ?
Elle me dit :
- J’ai un eczéma !
C’est intéressant, elle a un problème de revêtement, la peau, c’est notre revêtement cutané. Donc elle était déjà en train de parler d’elle, sans savoir qu’elle me parlait d’elle.
Et, une autre femme qui avait une maladie de Parkinson, et lorsque enfin elle arrive à me dire un événement, à me confier quelque chose qu’elle ne va dire à personne, je vais dire :
- Qu’est-ce que vous avez ressenti à ce moment là ?
- Hé bien, ça m’a secouée, ça m’a secouée.
Donc le mot qu’elle utilise, qu’elle peut dire dans l’espace de la parole, hé bien c’est la première fois qu’elle peut le dire dans un autre espace que celui du corps. Ça veut dire quoi ?Nous en venons à l’aspect thérapeutique :
Qu’est-ce que c’est pour moi la thérapeutique ? Il y a pour moi 2 niveaux, le premier niveau c’est d’aller dans le sens du conflit, d’aller dans le sens du problème, ça veut dire que pour satisfaire la biologie, l’inconscient, ça veut dire que les gens qui par exemple ont des problèmes de gencives, c’est à dire qu’ils n’ont pas eu le droit à la parole, la parole n’avait pas de poids, n’avait pas de valeur dans leur famille ou dans leur environnement, donc ils ont parfois fait des déchaussements de la gencive, hé bien, ces gens là s’ils vont voir un thérapeute qui les écoute pendant des années, eh bien ils se sentent mieux. Sauf que le thérapeute, involontairement, est complice du problème, c’est à dire qu’il perpétue la croyance qui est : Tu as vraiment besoin d’être entendu ! Et ce n’est pas bien que l’on ne t’ait pas écouté.
Cette personne là va être comme prise en otage, parce qu’elle va être dépendante de ça, elle a souffert, personne ne l’a écoutée, et donc elle ira toujours se faire écouter, comme d’autres qui ont été empoisonnés par une mère toxique, ou une famille vraiment indigeste, et parfois ces gens là je vais les voir consulter des détiéticiens, des diétiéticiennes, c’est à dire des gens qui vont leur permettre de valider cela, il faut contrôler ce que l’on mange. Car il y a cette mémoire qui est : on m’a fait avaler des couleuvres, ou maman était toxique, et donc du coup je vais maîtriser, contrôler toute la nourriture, tout ce qui vient avec. Donc quelque part on est en train de valider la personne dans son caprice, dans sa souffrance, on lui dit : OK, tu as raison les gens sont méchants, ou fautifs, ou autre chose.
Par contre ce que je vais favoriser, en priorité ça va être de donner un autre espace, de donner un autre espace à ce besoin, ce besoin de reconnaissance qui correspond au niveau de la biologie au rectum, ce besoin de sécurité qui peut correspondre aux alvéoles pulmonaires ou au larynx, ce besoin d’être accepté qui peut correspondre aux glandes salivaires ou à l’estomac, ce besoin de contact, d’être touché, qui peut correspondre à la peau, ce besoin donc qui s’exprime à travers une maladie qui attire l’attention, cette maladie qui s’est associée à notre culture, hé bien en thérapie ce que je vais proposer, c’est d’ouvrir, d’offrir un autre espace que le corps. Car comme je vous l’ai dit précédemment, le corps au fond, c’est le seul espace pour l’expression, permis, autorisé lorsqu’on fait une maladie physique. Si on fait une maladie mentale hé bien c’est le seul espace permis, autorisé, par l’environnement ou si on est craintif, qu’on fait des dessins, de la musique ou autre chose et bien c’est un espace autorisé ou les milieux linguistiques, ou tant d’autre chose, la psychiatrie et bien ça va être l’espace qui est permis, qui est autorisé, on va aller parfois jusqu’à l’extrême du suicide, parce qu’il n’y a plus d’espace ainsi autorisé dans la perception qu’en a le sujet, pas forcément dans la réalité objective. Donc lorsque la personne n’a pas pu exprimer, dire avec ses mots, avec son corps, ses besoins, qu’elle n’a pas pu satisfaire cela, qu’elle n’a pu le dire qu’à travers un comportement, une maladie, eh bien c’est à la thérapie d’offrir un autre espace, qui sera tout de suite utilisé par l’inconscient, car l’inconscient n’a qu’une hâte, qu’une impatience, c’est de se dire, c’est de s’exprimer, c’est ce qu’il fait toute la journée que ce soit avec les mains, avec notre façon d’écrire pour ceux qui font de la graphologie, ceux qui font de l’énergétique, ou les rêves pour ceux qui font l’analyse des rêves, la couleur de la peau. Tout va être expression de cet inconscient biologique et non pas psychologique d’après moi, et l’espace, qui est utile en consultation est à mon avis un espace de plaintes, une personne qui tousse n’a pas envie de tousser, mais qu’est-ce qui me fait tousser, qu’est-ce que je ne peux pas dire, exprimer d’une autre façon, donc la thérapie proposée c’est à travers d’autres médias, comme le font aussi d’autres thérapeutes consiste à contacter les besoins biologiques pour nous permettre de les exprimer là.
C’est d’une manière succincte, simple, pour moi d’aller au secret. L’autre façon de l’exprimer qui est radicale, et que je valorise, et que je favorise d’une manière prioritaire c’est le lâchage émotionnel, primaire et fondamental, ça veut dire quoi ?
Nous allons faire un exercice, vivre une expérience. Et pour cela je vous propose de prendre une position confortable, et puis chacune, chacun, à sa façon, hé bien je vous propose de rentrer à l’intérieur de vous, ça peut être avec les yeux ouverts, les yeux à demi ouverts ou clos, ce qui est confortable pour chacune et chacun, à la fois dans la posture, et à la fois dans l’intériorité, pour simplement aller à l’intérieur, parce qu’il y a quelqu’un de bien à l’intérieur de vous, il veut peut être attirer votre attention, maintenant. Ce que je propose à chacune et chacun, c’est simplement de vous laisser aller vers ce que ça veut dire » tes besoins », de quoi tu as besoin, qu’est-ce qui est important pour toi ? Et je te propose non pas de réfléchir mais de laisser venir, d’accueillir cette réalité de l’instant toute simple, de quoi tu as besoin là tout de suite, qu’est ce qui te manque ? Qu’est-ce qui serait bon, désirable, là pour toi, là tout de suite ? Qu’est-ce que tu ressens comme bon, comme nécessaire, comme vital ou simplement agréable, qu’est-ce que tu ne t’es pas encore vraiment autorisé à ressentir, à accueillir, à savoir. Je te propose juste d’être conscient un instant de cela, rien que pour toi, qu’est-ce qui est bon, utile et vital, que tu n’as peut être même jamais exprimé, et qui est là tout près. Tu peux maintenant accorder de la valeur, une écoute, laisse venir sous forme de sensation, peut être de mots.
Et peut-être même derrière ton besoin, peut être y en a-t-il encore un plus important, plus secret peut être ? Et tu peux même avoir l’impression d’être plus jeune que maintenant, ou d’être en dehors du temps, ou d’être un petit bébé, ou un adulte peu importe. Mais recueille cela, comme un animal frileux et blessé, comme un oisillon tombé du nid qui a besoin d’être réchauffé. Dès que cela est fait, eh bien je vais vous proposer de remuer la tête, de bouger la tête et de regarder quelqu’un que vous ne connaissez pas, que vous n’avez jamais vu ici, et puis si vous acceptez pour cette expérience je vous propose de choisir une personne, de vous choisir par deux, de vous regarder tout simplement, d’une manière très simple, et vous vous regardez dans les yeux. Regardez-vous, et de manière très intérieure, regardez-vous dans les yeux, en contact avec votre besoin. En même temps de ressentir ce qui a du sens pour toi, ton besoin secret, caché, je te propose d’être attentive à qu’est-ce qui se passe en toi, ce que tu ressens, ce qui émerge, est-ce que tu es en contact avec toi, ton intimité, ton besoin, et le regard de l’autre. Est-ce que tu peux le faire facilement, est-ce que tu peux rester en contact avec toi, est-ce que ton corps réagit, est-ce que tu as chaud, est-ce qu’il y a une tension. Je vais te proposer ensuite, un par un, une par une, de dire, d’exprimer ton besoin, de dire simplement avec tes mots, vous vous mettez l’un à côté de l’autre, vous allez avec vos mots, avec votre langage dire votre besoin.
Bien ! Qui est-ce qui veut dire un mot de son expérience, de ce qui c’est passé là, tout simplement dans le regard, je suis en contact avec moi avec mon besoin et je suis en contact avec quelqu’un d’autre. Oui !
- Quand je devais écouter mes besoins au début, c’était encore un peu flou, et une fois que l’on s’est regardé là d’un coup c’était clair, comme si d’un coup ça ressortait ce contre quoi j’allais me battre un peu comme ça, et du coup c’est devenu clair ce que j’avais besoin, et en fait une fois que j’avais bien compris ce que j’avais besoin, ça c’est calmé, et j’ai remarqué que si jamais je sortais, qu’il y avait une pensée qui arrivait ou quelque chose, et que je ressortais, ça n’allait de nouveau plus j’étais obligé d’être en contact justement, de bien comprendre qu’est-ce que j’avais besoin et là ça se passait tout seul.
- Donc d’identifier ton besoin permettait de changer la sensation à l’intérieur de toi, d’être à l’écoute de ça, en fait, il se passe plein de choses, tu parles de combat ?
- Oui, c’est à dire au moment où on s’est regardé……j’ai senti : Ha ! non, non on ne va pas me forcer ! C’est ressorti comme ça et du coup, ah oui d’accord en fait j’ai besoin qu’on respecte, ben justement mes besoins et du coup c’est devenu très clair.
- C’est ça, la relation démontre plein de choses, et là tu as mis ta conscience là dessus. Ca se passe comme ça d’habitude mais on est inconscient nous-mêmes en quelque sorte, il y a dans les regards, dans les relations que nous avons chaque jour il y a plein de choses qui se rejouent, là simplement tu as apporté ta conscience et puis tu as dis autre chose qui est « quand j’ai compris ». Tu peux me dire ce que tu entends par « j’ai compris ». C’est « devenu clair » tu as dis ! Ça veut dire quoi ?
- Oui, le besoin que j’avais à ce moment là, est devenu clair !
- Est-ce que c’est une compréhension cérébrale, intellectuelle ? Quand tu dis j’ai compris mon besoin ?
- Et bien il y a eu les deux en même temps ! C’est à dire j’ai compris, c’était en rapport avec le fait de manger, et d’un coup c’est passé et je n’avais plus mal au ventre.
- Donc, je reprends ma question est-ce que c’est une compréhension intellectuelle, mentale, ou d’un autre ordre ?
- Il n’y a pas que ça,
- OK, il y a quoi en plus ?
- Eh bien mon estomac il a compris !
C’est ce que j’appelle l’intelli-sentir dans mon jargon personnel, c’est à dire je comprends avec émotion, je ressens avec intelligence, c’est comme s’il n’y avait plus de divorce entre le cerveau droit et le cerveau gauche, entre la tête et les tripes, entre la raison et l’émotion. Donc je comprends dans mon corps, c’est comme s’il y avait deux formes d’intelligence, une intelligence très rationnelle très logique, et puis une intelligence du corps, de la cellule, une intelligence de la cellule.
OK, merci, quelqu’un d’autre ?
- Oui je t’écoute !
- Mes besoins étaient clairs, mais il y a une chaleur, des émotions qui sont montés en moi, et puis bon j’en ai parlé donc à la personne, je n’ai pas eu mal, il n’y a pas eu de problème, mais j’ai senti que quelque part il y avait besoin mais il n’y avait rien derrière, il n’y avait rien derrière, je veux dire le besoin ne peut pas se satisfaire quelque part, il manque quelque chose, j’ai senti ça.
- Donc chez toi, tu dis qu’il manque quelque chose ?
- Oui pour satisfaire mon besoin. Il y a comme un vide.
- Tu te sens pleinement exister ?
- Oui, je suis bien dans ma peau, oui, à part …..
- Ça c’est satisfait ?
- Non !
- C’est quoi qui n’est pas satisfait, là ?
- Qu’est-ce qui n’est pas satisfait !
- Tu viens de me dire non à l’instant ?
- Le besoin n’est pas satisfait !
- Tu sens qu’il y a un besoin derrière qui n’est pas satisfait, il y a un vide, tu ne sais pas quel besoin ?
- Si je sais !
- Et tu as pu exprimer ce besoin là, et ça ne change rien ?
Donc je suis allé peut-être un petit peu vite, pour moi il y a un autre besoin derrière.
